Société

Journée internationale des droits des femmes

Nadia | 08/03/2022

Ce 8 mars 2022, nous célébrons la journée internationale des droits des femmes, un évènement qui trouve ses origines dans les manifestations conduites par les femmes au début du 20ème siècle en Europe et aux Etats Unis pour réclamer de meilleures conditions de travail et le droit de vote .

Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas de la « journée de la femme », appellation commerciale qui pousse la société à acheter des fleurs, du chocolat ou des cadeaux en promotion pour cette journée. Au contraire, cette date particulière a une signification bien plus profonde, elle permet de mettre en lumière tous les combats du passé et du présent qui visent à atteindre un objectif : l’égalité des droits entre hommes et femmes. C’est l’occasion de fêter les victoires et les droits acquis, faire entendre les revendications et améliorer la situation des femmes dans le monde.

L’Organisation des Nations Unies célèbre cette journée depuis 1975 et définit chaque année une thématique spécifique. Cette année, ce sera : "L’égalité aujourd’hui pour un avenir durable » en reconnaissance de la contribution des femmes et des filles du monde entier qui agissent contre les changements climatiques et luttent pour la construction d’un avenir plus durable.

Des inégalités encore bien présentes

C’est aussi l’occasion de rappeler que la lutte n’est pas finie, nous devons encore aujourd’hui nous battre pour conserver des droits fondamentaux et en acquérir d’autres.

Le droit des femmes dans le monde du travail 

Les femmes sont victimes d’écarts de salaires par rapport aux hommes en ayant pourtant des compétences comparables et des diplômes similaires, un fait révoltant qui montre bien que le chemin à parcourir n’est pas fini. Elles subissent des discriminations à l’embauche notamment si elles sont enceintes, ont des enfants ou prévoient d’en avoir. Elles sont également victimes de remarques sexistes, d’harcèlement et d’agressions dans l’emploi. De plus, elles font face à un plafond de verre bel et bien existant puisque les femmes n’arrivent pas à accéder aux hauts postes à responsabilités : seules trois femmes sont actuellement nommées directrice générale d’une entreprise du CAC 40.

Écart de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé

Écart de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé

Note : salaires en équivalent temps plein (EQTP).
Lecture : en 2018, les femmes ont un salaire net en EQTP inférieur de 16,8 % à celui des hommes. Champ : France hors Mayotte, salariés en EQTP du secteur privé et des entreprises publiques, y compris bénéficiaires de contrats aidés et de contrats de professionnalisation depuis 2011. Sont exclus les apprentis, les stagiaires, les salariés agricoles et les salariés des particuliers employeurs.
Source : Insee, bases Tous salariés.

Le droit à l’éducation

De nombreuses filles ne vont pas à l’école dans le monde, et tout particulièrement dans les pays en développement. Les parents se retrouvent dans des situations financières tellement difficiles qu’ils considèrent leurs filles comme un fardeau : elles sont mariées de force, contraintes à travailler jeunes et privées d’éducation. Selon Plan International , « Chaque année, 12 millions de filles dans le monde sont mariées de force avant l’âge de 18 ans. ». Certains parents décident même de vendre leur fille en tant qu’esclave domestique à des familles riches pour pouvoir survivre : « Aujourd'hui dans le monde, 63 millions de filles de 5 à 17 ans sont astreintes au travail des enfants (ce chiffre n’intègre pas le travail au sein de la famille). 53 millions sont réduites au statut d’esclaves domestiques». Ainsi, en Inde, dans l’Etat du Rajasthan par exemple, être née fille est une justification d’infanticide pour les parents. Les filles sont tuées à la naissance car elles coûtent beaucoup trop cher aux parents, notamment pour le mariage.

En France, les femmes sont largement sous-représentées dans les filières scientifiques, même si elles réussissent mieux au baccalauréat. Il s’agit là d’une auto-censure, du manque de représentation des femmes dans le monde scientifique, des préjugés et stéréotypes qui continuent d’exister et qui nourrissent un manque de confiance en elles. Selon les données des écoles françaises d’ingénieurs, depuis 2013, les femmes représentent seulement « 28% des effectifs dans les écoles d’ingénieurs » et ce chiffre stagne tristement. D’autres pays comme ceux du Maghreb enregistrent des taux de femmes ingénieurs très encourageants : selon l’Unesco, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie enregistrent les plus forts taux de femmes ingénieures au monde !

Le droit de prendre des décisions qui concernent leur corps et leur vie

Les femmes sont jugées tous les jours sur la manière dont elles s’habillent, sur leur corps, sur leurs ambitions, sur leur décision de garder un enfant ou non... Le droit à l'interruption volontaire de grossesse IVG est encore interdit ou menacé dans de nombreux pays conservateurs.

Écart de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé

Le droit de participer activement et de manière égalitaire dans la société

Les politiciens restent encore majoritairement des hommes. Les discriminations marginalisent les femmes qui, dans certains pays, n’ont pas le droit de s’exprimer et de participer à la vie politique de leur pays. Selon ONU Femmes: « les femmes exercent les fonctions de chefs d’État ou de gouvernement dans seulement 22 pays, et 119 pays n’ont jamais été dirigés par une femme »

Le droit à la protection contre les violences liées au genre

Les femmes sont victimes de violences conjugales encore trop fréquentes : en France en 2021, au moins 113 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint selon l’association Nous Toutes. Dans le monde, les femmes sont exposées très tôt aux violences physiques, morales, sexuelles : « Au moins 200 millions de filles et de femmes en vie aujourd'hui ont subi des mutilations génitales dans 30 pays et 120 millions de filles de moins de 20 ans ont été confrontées à une violence sexuelle. » (Plan International).

Les femmes dans le monde de la mode

Aujourd’hui, 80% des personnes qui travaillent dans la mode sont des femmes et des filles exploitées par les enseignes de fast fashion principalement en Chine, au Vietnam et au Bangladesh. Ces femmes « salariées » ne seraient payées en moyenne que $3 par jour, ce qui représente un revenu mensuel compris entre 80 et 200 euros selon leur pays, très insuffisant pour subvenir à leurs besoins.
De plus, aucune protection sociale ou judiciaire n’encadre la situation de ces femmes, les exposant à la perte de leur emploi immédiate en cas de grossesse ou de maladie par exemple. Elles travaillent dans des conditions sanitaires déplorables et mettent leur vie en danger tous les jours.

Selon les pays, ces femmes et jeunes filles sont très souvent sous pression et menacées. 60% de femmes au Bangladesh disent se sentir intimidées et menacées par la violence sur leur lieu de travail. Pour 68% de Cambodgiennes, on les fait se sentir mal à l’aise et pas en sécurité, toujours sur leur lieu de travail. 34% de Vietnamiennes disent avoir vécu du harcèlement physique dont des embrassades, remarques sexistes et attouchements forcés. Ces violences viennent la plupart du temps par leurs supérieurs. La solution ? Consommer plus responsablement en se dirigeant vers des marques éthiques.

Et vous ?

Et vous, allez-vous célébrer la journée internationale des droits de la femme ? 

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